Accepter l’inconfort

Rassurez-vous, nous sommes tous au même niveau. TOUS. Y compris les athlètes qui s’entraînent chaque jour. Pourquoi? Parce que pour progresser, il faut accepter l’inconfort. C’est-à-dire sortir de sa zone de confort.

Accepter l'inconfort

Parce que la méthode d’entrainement qui prévaut est la suivante : toujours garder l’esprit du débutant. Comment?

En changeant constamment d’entrainement. Le monde bouge, les situations évoluent. Votre entrainement doit suivre ce flot. Ainsi affronter des nouvelles situations devient normal.

Il est confortable de s’arrêter dans une routine lorsqu’elle semble maitrisée. Nous sommes à l’aise, satisfait. Le job est fait. Les objectifs sont atteints. Mais nous arrêtons d’apprendre. Et la mémoire musculaire joue également son rôle pour vous faciliter la tâche. Pour ces raisons, il convient de sortir de la zone de confort. De chercher l’inconfortable. Cela parait étrange, peut être masochiste pour certains. Pourtant c’est la clé. Le plus vous chercherez l’inconfort, le plus vous deviendrez confortable dans n’importe quelle situation. C’est vrai pour l’entraînement physique, mais aussi pour le reste. Prenons l’exemple d’un entrepreneur: par définiton il prend des risques. Une fois que ces risques sont pris, ils deviennent normalité. Ce même entrepreneur intègre que, ce qui était des risques avant, fait maintenant partie de son paysage et est géré à ce titre, ni plus ni moins. Il sera désormais plus enclin à en prendre d’autres, ainsi de suite. Prendre des risques devient normal de même que chercher l’inconfortable c’est étendre sa zone de confort.

Prenons un autre exemple lié au sport et à la performance cette fois: Conor McGregor, un combattant d’arts martiaux libres (MMA). Champion du monde dans deux catégories de poids différents (The Champ Champ;) et comptabilisant une victoire dans une catégorie de poids encore au dessus. Du jamais vu en MMA. Il est fréquent dans ce sport extrêmement intense que des combattants se retrouvent dans l’incapacité de combattre au dernier moment pour de multiples raisons: blessure, fatigue, déshydration, etc. Que se passe t’il alors? L’organisation essaye de trouver un autre combattant prêt à remplacer son homologue hors d’état. Sauf que ce n’est plus la même histoire: imaginez un camp d’entraînement spécifique de 8 semaines pour affronter Untel. Au dernier moment, Untel est dehors, remplacé par un autre à la morphologie et au style totalement différents. Que se passe t’il si vous avez misé toute votre préparation sur l’opposant initial? Trop tard, vous êtes déstabilisés. Certains perdent leurs moyens, d’autres le combat. Conor sait cela. Alors il ne s’entraine jamais pour un opposant spécifique. Il s’entraine pour devenir meilleur que celui qu’il était hier, et ce chaque jour. De manière à ce que lorsqu’il arrive sur un combat, peu importe son opposant, il soit prêt. Il a gagné sa première ceinture UFC dans ces conditions. Comment fait-il? Chaque jour au gym, il se joint au groupe comme s’il était débutant. Il “spare” (s’entraine) avec n’importe qui présent à ce moment. Un grand, un costaud, un rapide. Peu importe. Le moins il est habitué à ce type de mouvement et à ce corps là, le plus il apprend. Résultat: sa capacité d’adaptation aux situations est plus forte que chez les autres combattants. Il embrasse l’imprévu parce qu’il n’est pas formaté. Il dit lui même constamment chercher l’inconfort pour être le plus confortable possible.

Je concéderai bien volontiers que ce n’est pas le même effort pour quelqu’un qui part de zéro que pour un athlète. Pour autant, l’inconfort est le même sentiment pour tous. Il ne signifie pas l’échec. Pour équilibrer les choses, je dirai que le novice doit tout d’abord apprendre à devenir confortable dans une routine accessible. Cela doit être son première objectif. Lorsqu’il est atteint, il faut célébrer et savourer. Puis écouter. Intégrer que nous sommes devenus plus forts sur ce que nous venons de travailler. C’est très gratifiant. La confiance se nourrit de cela. Et cela tombe bien parce que la confiance, c’est notre première grande étape. Avant de repartir dans une nouvelle routine, basée sur ce que l’on a appris et ce que nous avons envie de développer. C’est un cycle vertueux. Nous le retrouverons dans mes programmes d’entraînement.

Oui je parle de l’ENVIE de développer. L’enthousiasme est une des clés. Nous y reviendrons dans un article dédié.

Il existe une troisième clé : apprendre à apprendre. Ce que notre éducation aurait dû nous inculquer mais on a “oublié” ce léger détail au profit du livre d’histoire. Même combat, article dédié. (cf La connaissance)

Ces clés sont reliées entre elle par un porte-clefs bien sûr, a.k.a. la conscience. Sans doute la pièce la plus fragile du trousseau pour les Guerriers Millenium que nous sommes. Celle qui a permis de les égarer. C’est clairement le point le plus difficile et la différence la plus significative que l’on peut trouver entre les individus pratiquant ou envisageant la pratique d’un entrainement.

Alors par où commencer? Accepter l’inconfort. Accepter de transpirer même si vous trouvez cela dégoutant. C’est bon pour vous (article transpirer = bon pour la santé). Intégrer que l’inconfortable est positif. Le penser au moment où c’est difficile:

“Je ne suis pas à l’aise : parfait! C’est l’occasion d’apprendre et d’évoluer.” Si votre pensée revient constamment là-dessus de manière négative, débranchez le cerveau. Essayez.

Pas évident j’en conviens. Que la nature humaine est paresseuse. Que… Je ne crois pas vraiment en cela. Je crois que ça parait être le cas quand l’humain n’est pas sur son bon chemin mais que sa vraie nature n’est pas d’être paresseux. Le degrés de résistance, d’endurance, de volonté, ou encore le “curseur épicurien” peuvent être placés à des niveaux bien différents selon les individus. Votre vraie nature comprend ce dont elle a besoin, ce qui lui plait. Il suffit de savoir écouter. Certains sont des coureurs, d’autres des combattants, d’autres des artistes, etc. Vos actions trouveront échos dans votre essence. Alors il ne s’agit pas tant de se reprogrammer complètement, mais plus d’apprendre à écouter son corps et les signaux qu’il envoie. C’est réel. Tout comme personne ne bougera pour vous. La rigueur, comme l’inconfort, peut s’apprivoiser. Cela dépend de vous.

Une chose est certaine: si vous ne faites rien, il ne passera rien. Pire encore, rester dans l’illusion, dans l’espoir qu’un évènement survienne et améliore notre condition. Que risquez-vous donc à essayer quelque chose de nouveau? Comme l’a souligné Albert Einstein, “La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent”.

Nous nous concentrerons dans ce blog sur des objectifs bienfaisants et utiles au corps plutôt que superficiels. Par extension, ils auront la même dimension sur l’esprit. C’est annoncé, la gonflette ce n’est pas ici. Il n’est pas question de brosser le narcissisme en se musclant bien rond mais de renforcer et développer utile. Je ne dis pas que faire bouger un pec n’est pas jouissif pour un homme, je dis juste que c’est plus intéressant quand une femme le fait. Mais que globalement ça ne sert à rien. Sérieusement, je pense que la musculation est un complément. Un support au mouvement mais pas un sport en lui même. Nous l’utiliserons pour gagner en confiance en renforçant le corps ou améliorer une performance.

Pour débuter, il faut accepter l’inconfort. Pour continuer, il faut chercher l’inconfort. Entre les deux, nous apprendrons à l’aimer.

“Vous avez le confort. Vous n’avez pas le luxe. Et ne me dites pas que l’argent a quoi que ce soit à y voir. Le luxe que je prône n’a rien à voir avec l’argent. Il ne s’achète pas. Il est la récompense de ceux qui n’ont pas peur de l’inconfort.” Jean Cocteau

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *