Autophagie, Nobel de médecine 2016

Nous savons depuis peu que nos cellules sont capables de régénérer leurs parties abîmées ou usées par le temps. Notre corps entier bénéficie de ce « rajeunissement cellulaire ». Et le plus fort c’est que nous pouvons déclencher nous-mêmes ce processus par des jeûnes courts, comme pratiqué dans le régime du guerrier. Ce mécanisme naturel interne est l’autophagie, sujet du prix Nobel de médecine 2016.

Autophagie, Nobel de médecine 2016

Définition autophagie

L’autophagie (du grec αυτο : « soi-même », et φαγειν « manger »), autolyse ou autophagocytose, désigne un mécanisme cellulaire qui consiste en la dégradation d’une partie du cytoplasme d’une cellule par ses propres lysosomes. – source Wikipédia

Autophagie qui signifie littéralement « se manger soi-même » est un processus connu depuis les années 1960.

C’est un soin cellulaire, ou autonettoyage, qui mène soit au recyclage de la cellule, soit à son élimination si elle est nécessaire.

Le prix Nobel de médecine 2016 récompense les travaux de Yoshinori Ohsumi (photo ci-dessus) pour ses recherches fondamentales sur l’autophagie. Il a identifié les gènes essentiels au processus dans les années 1990, en utilisant de la levure et en montrant qu’un mécanisme similaire était employé dans nos cellules.

Le mot des spécialistes

« Ce processus est très important, car si la cellule n’est pas capable de se nettoyer, on va avoir une accumulation de déchets », explique Isabelle Vergne, chercheuse au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en France, qui travaille sur l’autophagie.

L’accumulation de déchets peut entrainer de nombreux maux. C’est le cas notamment des maladies neurodégénératives, comme Alzheimer ou Parkinson, des maladies infectieuses ou des cancers.

Mais aussi d’autres pathologies comme l’obésité ou le diabète, certaines maladies cardiovasculaires ou intestinales, voire même l’arthrose seraient également concernées…

Comme le souligne le Dr. Guido Kroemer, spécialiste français qui travaille à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (INSERM) en France: « La plupart des grandes pathologies sont liées à une insuffisance ou à un dysfonctionnement du processus autophagique »

Cette découverte a entrainé une multitude de recherches, qui pour l’instant sont encore cantonnées aux plantes et aux animaux. La plus urgente d’entre elles: dans quelle mesure et comment stimuler l’autophagie. Ce mécanisme cellulaire agissant comme un soin naturel.

Nettoyage & Recyclage cellulaire.

L’autophagie est un mécanisme naturel qui conduit à la régénérescence des cellules par élimination d’une partie usée, dégénérée, ou encore malade, toxique, non désirable de la cellule. De cette manière, le phénomène ralentit la mort cellulaire par inhibition de l’apoptose.

Ralentissement du vieillissement

L’autophagie permet aux cellules d’être nettoyées plutôt que d’être détruites. En diminuant la destruction cellulaire de l’organisme, elle entraine un ralentissement du vieillissement.

Chaque jour, sur les millions de réactions qui se produisent dans nos cellules, certaines produisent des fausses notes et engendrent des composants anormaux ou trop usagés. Lors de l’autophagie de ces composants détériorés, un recyclage des parties défectueuses de la cellule se fait. Cette dernière peut ainsi repartir sur de bonnes bases et remplir son rôle dans les bonnes conditions.

Amélioration du système immunitaire

L’autophagie permet aux cellules d’éliminer des corps ou substances indésirables qui ont pu pénétrer dans ces dernières: virus, bactéries, toxines, protéines dégénérées, etc.

Le système immunitaire s’en trouve renforcé. Lorsque la cellule est trop dégradée ou malade, elle est détruite, empêchant les pathologies de se développer au sein de l’organisme.

L’autophagie joue donc un rôle important sur deux formes d’immunité:

  • l’immunité innée à l’échelle de la cellule, en éliminant des pathogènes intracellulaires.
  • l’immunité adaptative car la dégradation des protéines par autophagie génère des peptides qui seront ensuite présentés sur le complexe majeur d’histocompatibilité (CMH).

Elimination cellulaire

L’apoptose (ou mort cellulaire programmée) est le processus par lequel des cellules déclenchent leur auto-destruction en réponse à un signal. C’est l’une des voies possibles de la mort cellulaire, qui est physiologique, génétiquement programmée, nécessaire à la survie des organismes multicellulaires. – source Wikipédia

Dans un bon équilibre, autophagie et apoptose fonctionnent ensemble de manière complémentaire. Lorsque le mécanisme d’autophagie tourne comme une horloge, il ralentit le vieillissement en limitant la destruction des cellules, la plupart étant nettoyées et recyclées.

Autrement dit, nous sommes en train de comprendre qu’une cellule est capable de se soigner toute seule, à condition de lui laisser le temps de le faire. (16h? 24h?)

Lorsque la cellule est trop abimée ou malade, l’autophagie déclenche l’apoptose et élimine la cellule non désirable. Ouste!

L’autophagie est à la fois un outil de régénération cellulaire et un outil de détoxication.

Contre-effet, l’équilibre juste de l’autophagie

Bien que dans la plupart des pathologies l’autophagie doit être stimulée car elle amplifie la réaction immunitaire, il est quelques rares cas ou le mécanisme va desservir l’organisme. Il s’agit de certains virus qui utilisent le phénomène pour se multiplier et se propager. Ou encore de certaines situations de cancers dans lesquelles l’autophagie (qui est déréglée par la maladie) va permettre aux cellules cancéreuses de survivre face à la chimiothérapie par exemple.

Dans un état de bonne santé, l’autophagie semble en tout point favorable. Il est à noter que le phénomène diminue avec l’âge, laissant place au vieillissement.

Une source d’énergie de l’organisme

L’autophagie est aussi décrite comme une source alternative d’énergie pour la cellule. Elle est mise en oeuvre lors de certains stress comme le jeûne, la baisse du sucre dans le sang ou le manque d’oxygène… En clair, pendant ces périodes de stress, la cellule génère de l’énergie avec ses déchets. Si vous donnez constamment à l’organisme du fuel (alimentation), il n’aura aucune raison d’aller puiser dans ses réserves et ainsi bruler une partie de ses déchets stockés à cet effet.

En plus de stopper toute possibilité d’ingérer des toxines, le jeûne aurait donc par extension une action détoxiquante à l’intérieur même de nos cellules.

Clé énergétique

L’autophagie est non seulement une clé pour vieillir en bonne santé mais aussi simplement clé du bien-être au quotidien. Un phénomène interne pour bénéficier de la pleine énergie de notre être.

Nous avons encore beaucoup à explorer sur ce phénomène qui pourrait intervenir dans le traitement, voire l’éradication naturelle de nombreuses pathologies graves.

Mais une chose est certaine:

L’autophagie est manifestement importante dans le maintien de la vie en permettant l’homéostasie énergétique et nutritive et l’élimination des protéines altérées. Par conséquent des toxiques capables d’induire dégénérescence tissulaire, instabilité génomique, cancer et vieillissement. Il est fort probable que différentes civilisations au cours des âges aient instinctivement introduit dans leur culture ou leur religion des périodes de jeûne pour favoriser l’autophagie et ainsi appliquer « un grand nettoyage ».

Société de consommation, avant de manger à toute heure, médite bien cela.

Prix Nobel de médecine 2016 – article Huffingtonpost

Je n’ai pas attendu le prix Nobel de médecine 2016 pour pratiquer le jeûne, mon intuition m’y a conduit, à travers le régime du guerrier notamment.

L’alimentation et la manière de s’alimenter sont un pilier de l’art de vivre VCLP.

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