Le régime du guerrier, en pratique

Vous avez été plusieurs à me poser différentes questions sur la mise en place concrète dans la vie du régime du guerrier. Par exemple: “Je suis en couple, comment intégrer le régime du guerrier dans mon quotidien?” Ou encore: “Je travaille au bureau / Je suis commercial, j’ai des déjeuners d’affaires…”.

Laissez-moi vous dire qu’il est bien moins contraignant qu’il n’y paraît. Nous allons voir pourquoi. Je vous donnerai aussi des indices: comment et pourquoi avancer progressivement dans ce régime.

Cela dépend avant tout de vous. Avez-vous vraiment envie d’essayer ou trouvez-vous des excuses? Posez-vous la question. Il me semble que quand on veut l’expérimenter, des moyens se manifestent. D’autant plus qu’il n’est ni restrictif, ni cloisonné. Pourquoi ne pas tout d’abord l’adopter disons, deux jours par semaine. C’est un bon compromis pour un essai. Vous faites quelque chose de nouveau, qui vous tient à coeur, et en même temps vous ne révolutionnez pas votre style de vie actuel. All good baby.

Ceci étant dit, le cas de la vie de couple ou de famille me semble beaucoup plus intéressant que celui du repas business ou social. Je vais donc le garder pour la fin et donner tout d’abord ma version sur la relative utilité du repas d’affaires.

Le Régime du Guerrier - Vole Comme Le Papillon

Le régime du guerrier de bureau

Il n’y a très honnêtement rien de compliqué à mettre en place dans un contexte de travail de bureau. La seule différence c’est que vous aurez fini votre travail une heure (voir 1,5) avant tout le monde parce que vous n’avez pas pris de pause déjeuner et que pendant ce temps d’accalmie dans l’entreprise, vous avez pu mieux vous concentrer et vous avez augmenté votre productivité. Parfait. Profitez-en pour partir plus tôt mais alors (mais vraiment) sans état d’âme. Et allez vous entrainer ou profiter de votre temps libre comme bon vous semble. Si quelqu’un vous demande quelque chose, demandez-lui où il était à midi pendant que vous terminiez vos travaux…

Ce n’est pas possible? Ce serait mal vu? Reconsidérez le “mal vu” svp. Est-ce réellement un problème si le travail est bien fait? Si oui, changez de job! Mais admettons. Profitez donc de ce calme du midi pour faire quelque chose d’important pour vous. Certains vont courir, d’autres lisent. Prenez ce temps pour vous développer!

Vous le savez probablement déjà mais je vais vous dire quelle est la vraie difficulté: la pression sociale. C’est-à-dire au final nous-mêmes et ce qu’on l’on pense de nous. Difficile de dire non à un déj. C’est la plus grande barrière que vous rencontrerez dans la mise en place du régime du guerrier, ou de n’importe quel autre régime présentant une période de jeûne intermittant en contexte social.

Je parle en connaissance de cause. Lorsque j’ai commencé sérieusement le régime du guerrier en coupant le repas du midi (le petit-déjeuner avait disparu de ma vie depuis des lustres), il a fallu dire non. Et redire non. Au final apprendre à dire non correctement. Expliquez, dites que vous préparez une compétition, que vous en profitez pour lire, que vous travaillez sur des projets personnels. Si c’est ce que vous voulez, il y a de multiples raisons à invoquer que les gens comprendront bien mieux que vous ne le pensez.

Vous allez peut-être même donner des idées. Pas au départ, mais quand vos collègues verront que vous rayonnez, que vous dégagez du temps, que vous êtes productif et efficace, peut-être se poseront-ils des questions. Surtout ils ne verront plus votre rythme comme extraterrestre mais comme normal.

Personnellement je n’ai pas utilisé d’excuse, encore aujourd’hui j’ai gardé cette phrase que j’utilise depuis des années: “J’ai un régime un peu particulier vous savez, je ne mange pas la journée (étonnement). Le soir en revanche, vous ne voulez pas m’avoir à souper”. Ce qui ne m’empêchait pas une fois par semaine peut-être, d’aller déjeuner avec mes collègues ou avec un client. Rien n’est écrit, rien n’est figé. Trouvez votre bon fonctionnement, le bon équilibre. Mais ne me dites pas que c’est impossible.

J’entends l’argument commercial qui bourdonne. Inviter un client à déjeuner, que cela fait partie du protocole pour faire des affaires, blablabla. Je pense que c’est une excuse derrière laquelle se cacher. Il y a d’autres moyens tout aussi (et surement plus) efficaces de faire des affaires. Et pour entretenir la bonne relation, rien ne vous empêche une fois de temps en temps d’aller dîner ensemble ou déjeuner pour un moment plaisant. Mais ce ne doit pas être un prétexte. Vous devez vous voir pour closer? Prenez un café, allez droit au but et libérez du temps pour votre vie. L’efficacité est difficilement critiquable.

Le régime du guerrier amoureux

Comment commencer le régime du guerrier alors que vous êtes en couple?

Evidemment c’est une démarche personnelle et on est dans le cas où un seul membre sur les deux est intéressé par tester l’art de vivre. Si les deux sont motivés par la même curiosité en même temps, votre couple est parfait, vous êtes des âmes jumelles, c’est trop facile, ça ne compte pas et surtout c’est rare 😉

Je vais être franc, cela nécessite de la compréhension au sein du couple donc une certaine intelligence et maturité de la relation. A partir de là, toute tentative est possible dans les bonnes conditions. Ma recommandation est bien sur de ne surtout rien imposer à votre conjoint(e) mais d’en parler bien librement et d’exprimer votre curiosité et votre souhait de tester. Un simple essai de votre côté, afin de ne pas perturber votre vie de couple profondément et en tirer une expérience. Fixez une période, par exemple 30 jours (en deçà cela me paraît trop maigre pour tirer des conclusions) à raison de N jours /semaine selon votre motivation et votre bon jugement.

Si l’expérience est positive, reparlez-en et expliquez dans quelle mesure vous souhaiteriez aller plus loin.

Il est temps de rappeler une chose. Rien ne vous empêche de partager un déjeuner/petit-déjeuner frugal avec votre conjoint(e). L’important je crois étant d’être ensemble et passer un moment plutôt que partager exactement le même menu. Certes la phase de jeûne n’est pas respectée mais c’est minimal si on est capable de rester léger*. Et cela respecte à la fois votre choix et votre compromis pour votre couple.

* plus vous allez couper la phase de jeûne plus vous devez essayer de rester léger, le matin des jus de fruits/légumes frais semblent vraiment indiqués

Au final ma recommandation est la communication et l’adaptation à l’autre. Quand bien même vous voulez essayer mais en rien perturber votre vie de couple, faites le régime du guerrier la semaine et ne changez rien de vos habitudes le week-end. La vie de couple est un compromis, mais cela peut être aussi une bonne solution pour ne rien changer.

D’ailleurs cela me permet d’apporter une nuance au propos “je ne mange pas la journée”. Selon les périodes, ce n’est pas forcément vrai. Déjà, la base, je ne m’interdis pas de manger si vraiment j’ai très faim. Si j’en éprouve le besoin. Il faut faire une distinction entre une envie gourmande motivée par l’esprit et un besoin physiologique motivé par votre organisme.

Une période de couple changera forcément la conduite du régime. Brunch et déjeuners plaisirs seront certainement plus fréquents, c’est à souhaiter! Une fois de temps en temps sinon on s’en lasse, pour qu’ils restent des plaisirs. Il s’agit d’un art de vivre, pas d’un art de non vivre. Adaptez-le. Et il reste le repas du soir qui est une célébration, et que vous adorerez partager avec l’être aimé(e).

Enfin, la fin de mon salariat, époque de bureau donc, a été une phase de transition pour couper définitivement le repas du midi. Je n’y ai pas été d’une seule traite parce que ce n’est vraiment pas conseillé premièrement, et aussi parce qu’il faut craindre le retour du bâton. Si vous privez trop fermement votre corps, il se peut que les craquages pointent leur nez rapidement ensuite.

Trop rapide, l’apprentissage ne sera pas bâti solidement. Cela prend du temps à l’organisme pour passer de l’abondance totale quotidienne à l’habitude de la faim, de la discipline et enfin de l’abondance. Respectez ce temps, observez la progression et savourez.

Pour s’habituer, il y a des techniques

Le petit-déjeuner …

Je vais encore me faire insulter par les nutritionnistes mais il va falloir couper le repas le plus important de la journée. On va toucher au petit-déjeuner sacré. Désolé. J’espère que vous n’allez pas succomber. J’y ai survécu.*

* cela ne m’empêche pas de profiter d’un super brunch de temps à autre et de littéralement “casser le buffet”. Un de mes plaisirs simples: entrainement matinal (réveil musculaire, course à jeun, etc). Etirement, douche, brunch. Là vous avez la journée devant vous, elle sera en général pleine d’activités, c’est serein, c’est les vacances 😉

On pourrait aussi imaginer de le conserver et de le placer en unique repas de la journée, dans l’idée de respecter la période de jeûne de 16 heures. Cependant, je ne me vois pas du tout passer une journée en me disant que j’ai déjà mangé et que la finalité de celle-ci et seulement de travailler et aller me coucher. La capacité de concentration aiguisée que l’état de jeûne apporte est utile au déroulement de la journée. A la performance en quelque sorte. Et le souper, repas ultime, est une sorte de célébration à un nouveau jour de vie qui s’achève.

Le repas du midi

Le déjeuner aka le dîner ou lunch chez nos amis Québécois. Franchement avec les vies occupées que nous avons aujourd’hui, il est facile à couper celui-là. Surtout si vous êtes réellement occupé ou passionné par votre activité du jour. Je suis certain que vous avez déjà eu des journées ou vous n’avez pas déjeuné le midi et où vous vous en êtes aperçu seulement plus tard dans l’après-midi. Bon ok ce n’est pas tout le monde et c’est ponctuel. Parce que sans petit-déjeuner, il est vrai qu’on l’attend fermement le gros sandwich. C’est alors que les techniques font leur apparition.

Dans le régime du guerrier est expliqué que la consommation de jus frais de fruits et légumes est recommandée pour atteindre la période de jeûne de 16 heures. L’idée est de solliciter le système digestif le moins possible. Ne pas mettre en route le métabolisme. D’où les jus de fruits et légumes frais pressés. Je rappelle que toute boisson comme thé, eau, café, etc. fait partie du tableau, à volonté.

Je commence cependant à avoir une théorie un peu différente sur les stimulants que sont le thé et le café mais je dois continuer mes recherches avant de vous en parler et cela n’a pas de rapport avec la pratique du régime du guerrier.

Sauf que cela peut ne pas suffire. Et croyez-moi je sais de quoi je parle puisque je mange comme un ogre, lorsque je mange. Alors voici mes petits secrets, ceux que j’ai appliqués et qui m’ont fait passer au stade supérieur, vers l’habitude et la tolérance à la faim. Jusqu’à ce que le système comprenne sa nouvelle routine. Je mange les légumes crus entiers, et non pas mixés. Alors certes, je ne respecte pas la méthode du régime, mais encore une fois, j’expérimente ce qui est le mieux pour moi. Les jus n’étaient pas assez pour me faire passer le cap, je mangeais donc les fruits et légumes en entier, donnant matière à mon estomac, mais restant dans l’optique de passer la barre et rejoindre l’objectif.

Les amandes

Les amandes sont le secret d’un bon départ. Je ne vais pas rentrer dans le détail de ce super-aliment ici mais c’est une source d’énergie formidable qui présente en plus de cela de nombreux bienfaits pour la santé (cf article Supers-Aliments).

L’amande réunit tellement d’avantages: elle est particulièrement énergétique pour finalement peu d’apport en calories (même si vous pourrez lire le contraire, nous parlons ici d’un rapport). Elle est riche en protéines et en fibres. Sa graisse est bonne. Elle présente une multitude d’autres propriétés toutes bonnes pour la santé. C’est un produit rare, ce type de rapport est exceptionnel. Et dans notre cas d’apprentissage du jeûne: elle se digère lentement. Par conséquent, elle donne le sentiment de satiété sans pour autant provoquer fortement le métabolisme. Ce qui va lui donner la caractéristique d’être l’aliment clé de la mise en route du régime du guerrier.

Les bananes

La banane est la clé pour le second verrou. Le petit du haut qu’il reste à déverrouiller pour ouvrir la porte. Ces fruits vont permettre de vous soustraire aux amandes et autres noix. A un niveau moindre mais solide, elles procureront aussi le sentiment de satiété pour passer au-delà des oléagineux et aller vers la barre des 16 heures de jeûne.

Je cite ces deux aliments comme clés car ils le sont réellement. Non exhaustif, pensez aux fruits secs (attention au sucre), aux noix de toutes sortes, aux légumes. On pourrait citer l’avocat aussi. C’est simplement que la banane et l’amande réunissent une commodité: on peut les manger n’importe où, sans ustensile. J’ai clairement privilégié ces fruits dans mon apprentissage. Pommes, tomates cerises, clémentines, etc.

Si bien que de cette manière finalement, en consommant les fruits entiers,  je ne suis jamais vraiment passé par la phase jus de fruits frais. C’est assurément excellent mais pas toujours évident à réaliser, soyons honnêtes: “Excuse-moi, tu peux arrêter ton call, faut que je mette un coup de mixer”. Cela demande un peu de préparation.  Le jeûne n’est pas évident à mettre en place dans un contexte où les tentations sont nombreuses, je préfère garder cela simple et ne me fournir aucune source d’excuses supplémentaires!

De plus le fruit cru complet, bien qu’il sollicite légèrement plus l’appareil digestif, m’a permis de mieux gérer la sensation de faim et passer plus solidement, je crois, au-dessus de la barre des 16 heures de jeûne.

Au-delà des 16 heures

Aujourd’hui je ne mange rien pendant 16 heures mini. Pas même un fruit. (encore une fois, sauf si j’en éprouve le besoin mais c’est très rare). Le jeûne va parfois jusqu’à 18, 20 voir 24h, sans trop de différences ressenties. Et ce avec un entrainement dans la foulée. Typiquement après les 16 heures, je commence avec des fruits: banane pour donner un peu de matière, pomme, orange. C’est vraiment mon trio gagnant quotidien même si j’adore varier et goûter des nouveaux fruits/légumes. Après c’est l’heure de l’entrainement. (voyez mon article pourquoi s’entrainer en fin de journée). Et après la journée est terminée. C’est l’heure de MAN-GER.

Attention, le paragraphe suivant peut heurter la sensibilité des plus jeunes.

Festin du soir, bonsoir. C’est l’heure de la scène de fin dans les aventures d’Astérix & Obélix. Mais avec moins de sangliers. Quand même.

Globalement tous les coups sont permis. La magie de jeuner c’est qu’après avoir détoxiqué votre corps de la sorte, il devient naturel de mettre des bonnes choses dans votre assiette. On reprend goût à se préparer un bon dîner santé. Sérieusement, je vous le demande, si vous souhaitez faire l’expérience du régime du guerrier, après votre phase de jeûne, quand le moment du repas est arrivé, mettez un simple morceau de laitue (bio!) dans votre bouche et croquez. Incroyable ce que ça peut être bon la salade.

Vous redécouvrirez cela comme je l’ai redécouvert. L’aliment cru et son vrai goût. Il apporte un autre regard sur la nourriture transformée et pousse vraiment à se diriger vers la simplicité et l’abondance naturelle. Et le soir, lors du repas unique, on est dans la quantité et la qualité. MANGEZ TOUT CE QUE VOUS VOULEZ. Nous verrons dans le régime du guerrier en détail qu’il peut y avoir un  ordre dans l’administration des aliments, lié à la digestion. C’est secondaire pour l’instant.

Idéalement, à ne pas manger de la journée nous allons réussir à souper un peu plus tôt le soir après l’entraînement ce qui va permettre de garder du temps avant d’aller au lit et ne pas se coucher tout de suite après avoir mangé. Ce n’est pas toujours agréable, surtout si on s’est beaucoup alimenté (personnellement ça ne me pose aucun problème).

Dernier conseil, soyez occupé(e)

Etre occupé(e) profondément / passionné(e) par son activité favorise le régime du guerrier

D’où l’importance d’avoir une activité passionnante durant votre temps de jeûne. Vous prenez une pause à midi? Faites une activité qui captive votre attention! Ou au contraire augmentez votre productivité pour vous libérer plus tôt et profitez de ce temps pour vivre une passion.

Si vous arrivez suffisamment loin pour ressentir les bienfaits, c’est gagné. L’esprit et le corps comprendront seuls leur intérêt dans cette routine et ils souhaiteront la réitérer. Ils vont oeuvrer avec vous, aux côtés de votre volonté. Et rendre la chose instinctive.

Note: pour les enfants, ado, jeunes adultes c’est-à-dire des organismes en croissance ainsi que pour les athlètes, le régime du guerrier doit être adapté aux besoins et aux dépenses physiques.

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