Le sport ce catalyseur

L’activité physique est un catalyseur. L’activité spirituelle en est un autre. Le sport, l’art, la méditation, sont des méthodes pour la réalisation de soi. Pour l’expression de l’Etre.

Le sport ce catalyseur

Humains, nous aimons mettre des mots sur les idées, sur les pensées pour pourvoir les organiser. Mais tout ne peut être cloisonné selon nos modes de pensées parfois étroits, répondant à notre propre logique.  Qu’est-ce que la méditation si ce n’est un entrainement spirituel? Qui vous dit que lorsque vous vous entrainez physiquement, vous n’entrainez pas aussi votre esprit? Cela en fait il une expérience de méditation durant votre séance de sport? Pour certains oui, pour d’autres non.

J’avais cette habitude de penser très fort à mes problèmes en m’entrainant afin de les évacuer. Penser aux problèmes: on est sur le plan mental. La conscience elle, n’a pas de problème. Elle prend de l’énergie positive ou négative selon ce que vous lui donner, mais elle n’a pas de “problème”. C’était un bon début pour évacuer les ondes négatives, cependant j’étais encore trop ancré dans la bulle de soucis créée par l’Ego. A la fin de la séance, les problèmes sont toujours là. Enfin dans la tête car c’est le seul endroit où ils existent. J’étais dans une logique d’évacuation. Toute mon attention était centrée sur les problèmes pour les expulser vers l’extérieur. Donc concentré à la fois sur le mental (il faut penser pour avoir des problèmes, si tu ne penses pas avec la tête, t’en n’as pas) et sur l’extérieur, le sac de frappe en l’occurence. Ou une barre de traction, un chemin de forêt, une montée, un guidon etc. C’est ce que 99% des gens qui s’entrainent aujourd’hui font. Se dépasser pour évacuer.

Bien, mais il y a une autre face à l’entrainement physique, bien plus vertueuse: l’élévation du niveau de conscience.

Se dépenser pour gagner. 

A force de s’entrainer, on est obligé à un moment ou à un autre d’écouter le corps (blessure, récupération, améliorer la performance etc..). Là ça devient intéressant: on n’a plus le choix, on est obligé de diriger l’attention vers le corps. Bizarrement les problèmes du mental disparaissent dès lors. Ils reviendront après quand le manège recommencera, mais au moins pendant un moment d’entrainement, on a connu le calme. Deux enseignements ici:

  1. Quand le mental s’arrête de tourner, c’est le calme. Et le calme ça repose.
  2. Je dois ne pas avoir le choix pour y parvenir, dois-je me tromper moi-même?

Bonne nouvelle: non il n’est pas nécessaire de s’auto-duper. Ce n’est pas non plus réservé à ceux qui ont une volonté de fer. On va plutôt accepter. Accepter que l’attention puisse ne pas toujours être sur le corps. Accepter de penser à autre chose, mais s’efforcer d’être l’observateur de cela et ramener l’attention à l’action lorsqu’elle s’égare. Ne soyons ni trop dures, ni catégoriques. Progressons sereinement. Votre attention est partie dans les pensées, aucun problème. Ramener là sans aucune autre émotion que la bienveillance. Et sereinement nous continuons.

C’est un exercice comme un autre. Au départ il sera difficile de projeter l’attention là où l’on souhaite qu’elle soit. Puis petit à petit elle ira toute seule, naturellement, là où elle doit être à l’instant présent.

C’est pour cela que les sports collectifs ou encore les sports individuels avec opposant (qui donne lieu à un échange) et bien sûr les sports extrêmes sont un meilleur ancrage dans le présent. Si vous n’êtes pas à ce que vous faites, ça se voit assez vite / vous en pâtirez directement (escalade? chute libre?). Partenaires, opposants, risques, sont là pour vous rappeler et ramener votre attention sur l’action. Le coureur lui, il fait ce qu’il veut. Libre court à son mental et à sa pensée. C’est déjà l’état normal dans votre quotidien. Prenez donc cet instant pour faire une pause avec votre cerveau. Mettez-le en veille en dirigeant votre attention sur le corps, sur votre respiration, les muscles qui se contractent et se relâchent, etc.

Quand je dis écouter le corps c’est cela. C’est penser autant avec votre corps qu’avec votre tête. C’est ressentir votre propre énergie. Ceci est un enseignement donné en général dans ce qu’on appelle la méditation, pas dans les entrainements sportifs (sauf peut être les arts martiaux). Pour ma part, je l’ai acquis par le sport. La dimension spirituelle existe dans l’activité physique! Il suffit d’en prendre conscience. Penser à ce qui est en train d’être accompli. Ressentir. Mettre l’attention sur l’activité et les sentiments qu’elle procure à l’intérieur.

Etre présent. (cf. article le pouvoir du moment présent).

Quand l’esprit est à ce qu’il fait, il joint le corps. Ils se mettent alors à travailler ensemble. Il n’y a plus de distinction, l’esprit et le corps ne font qu’un. C’est normal car il ne sont qu’un, ils sont la même énergie. Ces moments de connexion offrent des sentiments intenses qui peuvent être perçus comme liberté, lucidité ou encore vérité pure, d’être en vie.

Comme lorsque vous atteignez pour la première fois quelque chose que vous n’avez jamais réussi auparavant. Lorsque le geste est parfait. Comme on dit : lorsque”on l’a”. Sportifs, Artistes, Penseurs, Philosophes, etc. C’est “Toucher l’instant” de grand corps malade. Lorsqu’on frappe aux buts et qu’on sait déjà qu’on a marqué (ça sonne très Olive et Tom ça ;). Lorsqu’on tire à la pétanque et qu’à peine sortie de la main, on sait que c’est carreau. Lorsqu’on prend sa première vraie vague seul en surf. Vous avez déjà connu cet état. Comment expliquer cela? Pas par des mots, si ce n’est la connexion de votre corps et de votre esprit qui permet l’exécution parfaite. Mais quel sentiment. Quelle intensité. La vibration est si positive. C’est ce qu’il arrive lorsque l’esprit et le corps s’alignent. L’énergie s’exprime dans sa nature.

Ces moments sont la conséquence de la présence et d’un niveau de conscience élevé. Des instants où le corps et l’esprit ne font qu’un. Dans ce sens, les sports extrêmes sont favorables parce qu’ils ne laissent pas le choix au pratiquant: vous êtes à ce que vous faites ou vous êtes morts. Combien de fois ces pratiquants ont témoigné se sentir tellement vivants lors de leur activité? “The closer you are to death, the more alive you feel.” – James Hunt.

L’inconvénient est qu’ils mettent souvent la vie en danger.

Lorsque le mental se tait, n’importe quelle activité physique pour laquelle vous êtes enthousiaste peut procurer beaucoup de plaisir, élever le niveau de conscience et décupler le sentiment de vivre. Ressentir votre énergie. 

Le sport est un des meilleurs moyens pour faire taire le mental. Pour faire communier le corps et l’esprit. Quand le mental se tait, tout va bien.

Développement physique et spirituel dans une seule méthode, dans le même moment, afin de mieux croquer la vie. Si, c’est vrai.

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