Manger bio? Ma définition

Manger bio est-il synonyme de bien manger? Oui.

Est-ce que c’est parce que c’est bio que c’est bien? Non.

Est-ce que si ce n’est pas bio ce n’est pas bon? Non plus.

Manger bio signifie pour moi bien manger tout simplement. Manger santé, manger nature le plus possible. Lorsque l’on veut soigner son alimentation, on ne s’attache pas à un label mais à la qualité naturelle de l’aliment. Cependant, il est vrai que dans une grande surface type supermarché, l’étiquette va être importante pour différencier les aliments et les produits. Surtout dans la manière par laquelle ils ont été cultivés et/ou élaborés. Leur origine naturelle ou non.

Un produit bio peut très bien être un légume dans le jardin de votre grand-père. Pourtant je ne parierai pas sur le fait que Papi soit certifié agriculture biologique.

Intéressons-nous à la culture et à l’origine des aliments pour les qualifiés santé pour notre corps.

Au Québec on utilise les termes “manger santé” ou “cuisine santé” en opposition à la culture nord américaine du fast-food. Mais à mon sens, ça ne signifie pas biologique, ou nature. C’est manger des aliments sains. Ce qui est déjà pas mal et mieux qu’une majeure partie de la population dans ces contrées. Cela se résume à consommer des fruits et des légumes, ne pas manger uniquement des aliments transformés, se faire à manger. Bien! Très bien même.

Le problème est qu’au Québec comme en France, comme en Belgique pour citer ces trois territoires francophones, on utilise des insecticides, pesticides, fongicides, etc. à outrance. Un bon indicateur pour cela est le taux de mortalité des abeilles. Synonyme de biodiversité, de vie naturelle et sauvage, et donc de peu de traitement.

Note: l’utilisation de pesticides n’est pas le seul facteur d’accroissement du taux de mortalité des abeilles. C’est un ensemble de causes qui sont encore à l’étude (pollution, OGM, globalement l’agriculture intensive et d’autres) mais l’insecticide à sa part de responsabilité, n’en déplaise à cette triste science sponsorisée qui tend à minimiser l’effet pour défendre ses intérêts économiques. 

Quelques statistiques pour les pays développés avec notamment nos trois territoires concernés:

En France cela se manifeste à partir de 1995. Le taux de mortalité s’envole sur cette période passant de 5% ordinaire à 30% en 2015. Bizarrement cela coïncide avec l’introduction notamment des insecticides Néonicotinoïdes. D’autres pays européens connaissent cette recrudescence à partir des années 2000 et cela touche l’Amérique du Nord fortement en 2006 si bien qu’on parle de syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles (CCD Colony Colaps Distorder). 25% de mortalité aux USA à l’hiver 2006-2007. Au Canada par exemple en 2007 on enregistre un taux de mortalité de près de 30% alors qu’il est de plus de 35% au Québec. Schéma inverse 2 ans plus tard en 2009 alors qu’on revient à partir de 2015 sous des taux moyens inférieur à 20% pour le Canada au complet (avec des grandes diversités selon les provinces) et le Québec en particulier.

L’étude de l’hiver 2012-2013 montre une différence claire entre le Nord et le Sud de l’Europe. En Grèce, en Italie, en Espagne, en Hongrie et en Slovaquie, moins de 10% des abeilles ont ainsi perdu la vie, un pourcentage considéré comme acceptable. La Belgique en grand champion cette année là avec un taux de mortalité de 32,4%. On trouve un peu de tout au niveau des chiffres, selon les méthodes et intérêts de chacun. Il n’en demeure pas moins vrai que les taux de mortalité ont explosé. Source EPILOBEE, étude européenne.

 

 

Ceci étant maintenant posé, vous comprenez que manger des végétaux par exemple n’est pas pure définition de santé.

En “mangeant santé” sans pour autant faire attention à la culture, on va beaucoup mieux manger en terme de nutrition, ingérer moins de graisses transformées, etc, et assurément se retrouver plus en forme esthétiquement, plus “fit”. C’est déjà top. Malheureusement cela n’empêche pas l’ingestion des résiduels des traitements chimiques utilisés par l’agriculture industrielle. Donc rendu à ce point, quitte à manger sainement fruits, légumes et autres aliments, pourquoi ne pas manger la même chose en biologique?

Si vous faites vos courses en supermarché uniquement, ça va coûter un peu plus cher. C’est la limite du “biologique pour tous” aujourd’hui. Cela dit, les différences tendent à diminuer je trouve. Et ce n’est pas la seule alternative. Chercher des producteurs locaux, discuter avec eux pour tâter le terrain sur leur méthode de culture. Aller au marché. Se faire sa propre idée sur la qualité et les méthodes employées. Renseignez-vous auprès des bons artisans, des petits magasins. Ils savent tout cela. En général les prix sont les mêmes qu’au supermarché et vous aurez accès à une meilleure qualité. D’autres formules se mettent en place dans les villes comme les dépôts ou les paniers bio. C’est parfait tout ça, profitons-en!

Le label Bio connaitra ses limites lui aussi. Il est déjà devenu un business florissant pour une multitude de marques. Il joue avec les mêmes règles. Attachons nous au comment, posons nous des questions sur l’origine, plutôt qu’acheter aveuglement un label.

Manger bio ce n’est pas acheter un label marketing c’est manger au naturel. C’est choisir des aliments qui ont été cultivés, élevés, élaborés naturellement et avec raison.

Il y a aussi des techniques de cuisson ou de lavage pour prévenir des résiduels chimiques tout en tentant de conserver au maximum les nutriments. A la fin on s’en sort pas trop mal. Cependant rien de vaudra l’apport complet d’un élément purement biologique/naturel.

D’un coté vous mangerez mieux, la mécanique du corps s’en trouvera mieux huilée et de l’autre c’est une méthode de consommation plus responsable puisqu’elle va à l’encontre de l’utilisation des produits chimiques dans la culture, dans l’élevage, etc. Et en plus à la fin, les abeilles vous remercient.

Savez-vous à quel point ces insectes sont importants dans notre écosystème?

L’abeille en chiffre c’est ça:

  • existe depuis 65 millions d’années
  • a assuré la reproduction des espèces végétales à travers le temps
  • 80% des espèces végétales de la planète dépendent de la pollinisation
  • les abeilles participent à 80% de la pollinisation des espèces végétales
  • concrètement:  les pommiers, mais aussi les amandiers, les avocatiers, les cerisiers, les oignons, les concombres, le coton, l’arachide, le melon, etc. dépendent à 90 %, voire à 100 % des abeilles pour leur pollinisation

Pour les moins forts en math, cela signifie en gros qu’elles sont indispensables à la biodiversité, donc à l’équilibre des écosystèmes, donc à notre survie.

Si les abeilles sont sur cette terre depuis 65 millions d’années, cela signifie qu’elles sont plutôt très solides en tant qu’espèce. Or les pesticides notamment les affectent beaucoup et déciment les populations. Quel effet pensez-vous que cela va t’il avoir sur une espèce moins costaud, présente depuis disons pour être sympa 2,8 millions d’année (Homo Habilis, plus vieux fossiles du genre Homo) ? Pas bon? Effectivement je pense comme vous.

Pour comprendre le rôle primordial des abeilles dans notre vie humaine c’est ici: L’abeille, sentinelle écologique. Elles sont un exemple parmi tant d’autres.

Finalité, c’est à nous de dire merci aux abeilles…

Pour les aider à perpétuer leur rôle (survivre?), plantons des arbres, plantons des fleurs! Et pourquoi ne pas s’essayer au jardinage? Il est plaisant d’avoir la main verte et récolter les fruits de son travail! Sans compter qu’en terme de saveur, rien ne vaut un légume de jardin 😉

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