Le pouvoir du moment présent

Le pouvoir du moment présent d’Eckhart Tolle s’attaque à trois mythes contemporains: le monde matériel est tout ce qui existe, nous sommes séparés les uns des autres, de la nature et du cosmos, l’humanité a atteint le sommet de son développement. Résonance au coeur de ce que nous faisons sur VCLP. Trois lectures plus tard, voici notre mot.

le pouvoir du moment présent

Le pouvoir du moment présent en tant que livre

Le pouvoir du moment présent est un ouvrage dans lequel il peut être difficile de se plonger. Il se rencontre à point nommé au risque de passer à côté. Vous pourrez le parcourir et le découvrir sous bien des angles. C’est une oeuvre qui offrira différentes perceptions à mesure des lectures. Et pour cause.

Le moment présent constitue une réponse aux maux de notre monde moderne, comme nous l’avons vu dans l’article de l’égocentrisme vers un monde altruisme. L’élévation de conscience mettant fin au dualisme.

Le pouvoir du moment présent est l’un des livres importants de notre époque. Son enseignement simple et néanmoins profond a aidé des millions de gens à travers le monde à trouver la paix intérieure et à se sentir plus épanoui dans la vie. Au coeur de cet enseignement se trouve la transformation de la conscience: en vivant dans l’instant présent, nous transcendons notre Ego et accédons à un état de grâce, de légèreté et de bien-être.

Nous n’avons aucune prétention à travers ce texte, et certainement pas celle de vous en faire économiser la lecture. Votre interprétation en sera la bonne.

Cependant nous indiquerons deux grands axes qui ont marqué notre lecture: l’importance d’agir, de reconnaitre et de rechercher notre propre présence ainsi que la prépondérance de se placer en observateur bienveillant.

La première étape s’il en est, est de saisir cette conscience qui nous anime. Les portes de la conscience pour Eckhart Tolle sont la présence, le silence, le vide, la méditation, le corps, le lâcher prise, l’immobilité, le ressenti, etc. Tout ce qui amène la désidentification au mental.

Agir ou accepter

Un conseil majeur que donne l’auteur est d’agir. Passer à l’action. Changer la situation en passant à l’action ou l’accepter totalement. Ne pas rester entre les deux, meilleur moyen de laisser place au mental pour élaborer des scénarios. Il s’agit de mettre fin au temps psychologique que nous créons, porteur des souffrances.

« Où que vous soyez, soyez-y totalement. Si vous trouvez votre ici-maintenant intolérable, trois possibilités s’offrent à vous : vous retirer de la situation, la changer ou l’accepter totalement. Si vous voulez assumer la responsabilité de votre vie, vous devez choisir l’une de ces trois options, et tout de suite. »

Demandons-nous, suis-je si éloigné de moi-même au point ne pas pouvoir prendre mes responsabilités? Suis-je à ce point dénaturé? Suis-je en ligne avec ce que je reconnais bon pour moi-même par mon intuition?

Si l’action est impossible, lâchons prise. Ceci n’est pas synonyme de faiblesse mais au contraire d’une grande force. Un pouvoir spirituel. Une liberté.

Si quelque chose doit être fait, alors faites-le maintenant. Sinon ne faites rien mais faites le vraiment. Acceptons l’inactivité, la passivité si tel est notre choix. À fond et consciemment nous sortirons de cet état, ou pas. D’une façon ou d’une autre, cela ne créera ni conflit intérieur, ni résistance, ni négativité. Ainsi est le pouvoir du lâcher prise, dans le simple fait d’accepter totalement ce qui est.

Lâcher prise

Si le présent n’est plus qu’une étape pour arriver au futur, nous avons un problème. Car le présent est tout ce que nous avons. Ainsi nous devons critiquer les « to do list » interminables. Quel sens ont-elles? La productivité certes, et à ce titre l’essorage de notre énergie.

Un programme qui adresserait de grandes étapes bénéfiques au développement d’un individu, un plan de vie en somme, en adéquation avec son essence est un outil salutaire à sa réalisation duquel se nourrit l’Être à chaque instant et évite de s’égarer dans ce qu’il n’est pas.

Ces grandes étapes ne représentent pas d’attente dans le sens où on ne connait ni ne fixe leurs modalités. Nous tendons vers elles en appréciant la voie, en s’autorisant des ajustements évidents, le reste important peu.

Une liste immense de choses multiples à faire n’est qu’une course contre le temps et l’oubli du présent. Le meilleur moyen de sombrer dans l’inconscience et tenter de faire plus que ce que nous aurions fait bien naturellement. Comme le souligne Tim Ferris dans la semaine de 4h, choisissez seulement quelques actions ciblées, définies, une à trois taches importantes à faire, chaque jour. Faites-les bien, et une fois réglées, le reste de la journée est à vous.

Les pensées anticipatoires créent de l’angoisse. Le mental se projette dans une situation imaginaire et crée de la peur, donc du stress et ainsi du cortisol. Et ce pour rien puisque cette situation n’existe pas. Le lâcher prise prend alors tout son sens.

Comme nous l’avons déjà vu, l’inconscient ne fait pas la différence entre ce qui est et la visualisation. Un effet à double tranchant, qui peut être utilisé pour s’élever comme pour générer du stress, folie corrosive qui sape notre santé et notre vie. D’où l’importance de s’entraîner à reprendre le contrôle sur ses pensées. Car si nous ne pouvons décider du futur, nous pouvons choisir nos pensées dans le présent.

La gestion des pensées présentes est le meilleur moyen pour créer un futur en adéquation. Quant au passé, il devrait être laissé derrière et nourrir le présent lorsqu’il est utile de l’invoquer.

L’observateur

Sénèque Lettres à Lucilius, Lettre XI

Un précepte d’Épicure : « Il nous faut choisir un homme vertueux et l’avoir constamment devant nos yeux, afin de vivre comme en sa présence et d’agir en tout comme s’il nous voyait. » Un témoin. Un observateur.

« Que de fautes évitées, si au moment de les commettre on avait un témoin ! Prenons pour guide de conscience un homme révéré par nous, dont l’autorité purifie nos pensées les plus secrètes. Heureux le personnage dont la présence, que dis-je ? dont le souvenir même rend meilleur ! heureux qui le vénère assez pour qu’à ce seul souvenir il rentre dans le calme et dans l’ordre ! Qui rend aux vertus cet hommage le méritera bientôt lui-même. Oui, fais choix de Caton ou, s’il te paraît trop rigide, adopte la morale plus tempérée de Lélius : détermine-toi pour l’homme qui t’a plu par sa vie, par ses discours, par son visage même où son âme se montre au dehors : propose-toi-le incessamment soit comme censeur, soit comme modèle. On a besoin, je le dis encore, d’un type auquel se conforment nos moeurs. À moins d’une règle, les penchants vicieux ne se redressent point. »

Se placer en observateur de soi-même est une technique ancestrale et Eckhart Tolle ne manque pas de nous la rappeler. Par ailleurs, le besoin d’un cadre de valeurs en ligne avec notre nature demeure. Ce que peuvent offrir les arts martiaux, le sport, la philosophie, une religion enseignée avec bienveillance, la famille, l’amitié véritable, un guide spirituel, un mentor, etc. En effet l’observateur permet de maintenir la présence et ne pas sombrer dans l’inconscience. La déconnexion avec la nature des choses.

« Demandez-vous, quel problème vous avez à l’instant, et non celui que vous aurez l’an prochain, demain ou dans cinq minutes. Qu’est-ce qui ne va pas en ce moment? Vous pouvez toujours composer avec le présent mais vous ne pourrez jamais composer avec le futur. Et vous n’avez pas à le faire. La réponse, la force, l’action ou la ressource justes se présenteront lorsque vous en aurez besoin. Ni avant, ni après. » – extrait du pouvoir du moment présent.

Sagaces sont celles et ceux qui vivent selon un tel lâcher prise. Contentons-nous d’être et de savourer notre chance incroyable de faire l’expérience de la vie. Si le pouvoir du moment présent trouve autant échos aujourd’hui, c’est peut-être qu’il résonne. Que nous avons déjà expérimenté la force de la présence et qu’elle est, en réalité, évidente. L’idée de l’observateur servant l’élévation. Un détachement stoïque salutaire nous rapprochant de la vérité?

Une seule et même chose

Pour conclure, ce qui nous lie à cet ouvrage, à son auteur, à toute chose: « Serait-il possible que cette essence indicible et votre présence soient une seule et même chose? Cette essence indescriptible serait-elle là sans votre présence? Sondez là en profondeur et découvrez la réponse ».  L’énergie. La conscience universelle.

La dualité n’existe que par les croyances de son observateur. Exactement comme en physique quantique: alors que nous pouvons y voir des particules, autrui observera des ondes. Or l’onde et la particule fonctionnent ensemble, se complètent tel le yin et le yang. Ainsi considérons-nous une qualité de l’observation, et devrions probablement parler de perception au sens le plus global et profond du terme alors que nous sommes témoins de la vie.

L’observation dont nous faisons état se situe au-delà du mental. Elle ne peut être réalisée sur ce plan, et ainsi mal décrite par les mots. C’est ce que le physicien David Bohm établira avec Krishnamurti, (lui-même fût une source d’inspiration pour E. Tolle). Dans la vraie perception, la distinction entre l’observateur et l’observé n’existe plus: « seule existe la perception, le sujet qui perçoit n’existe pas ». Si observer c’est être conscient à un niveau plus ou moins proche du mental, percevoir implique un tout autre niveau de conscience.

Le pouvoir du moment présent, une pratique du coeur

Habiter le présent permet d’apprécier chaque instant à sa juste valeur et cesser de vivre prisonnier du temps psychologique créé par l’Égo.

Le temps psychologique existe par le mental. Selon Eckhart Tolle il est une maladie cérébrale. Aussi il existe un organe par laquelle elle ne peut perdurer: le coeur. Cet autre cerveau qui est aux commandes.

Être plus dans le coeur et moins dans la tête pour augmenter sa présence. Comment faire se peut? En écoutant le coeur! Cultivons des qualités comme l’ouverture aux autres, l’écoute, la patience, la coopération, l’acceptation, le courage. En pratiquant la méditation et en observant les émotions.

En outre, essayer de se libérer de la dualité et de ses mécanismes principaux que sont la peur, le désir et le contrôle. Ainsi nous revenons à la technique de l’observateur: observer les pensées et les émotions sans les juger. Choisir les émotions qui peuvent nous alimenter positivement. Le coeur relie l’intuition. Nous devons apprendre à faire confiance à cette dernière et à reconnaître que la véritable origine de nos réactions émotionnelles ne réside pas dans ce qui se passe à l’extérieur, mais en notre intérieur.

Concrètement cela peut se traduire par cultiver le silence, être en contact avec la nature, passer du temps seul, méditer, contempler, prendre soin de son environnement vibratoire, travailler en groupe, transmettre un savoir, pratiquer un art, vivre avec simplicité.

Quand nous ne savons pas quoi faire, souvenons-nous que le coeur est capable de l’intuition avant le cerveau.

 

Le deuxième cerveau et ses révélations

 

Le message d’Eckhart Tolle en utilisant le pouvoir du moment présent met en avant la nécessité de lâcher prise. L’absence de jugement qui en découle, et donc d’émotion et de réaction à ce qui est, en est la conséquence libératrice majeure.

De manière philosophique, et ce sera sans doute notre prochaine étape, il rejoint la pensée stoïcienne. Laisser être ce qui est afin de se concentrer sur la création.

Quand le moment sera opportun, offrez-vous la lecture de cette oeuvre.

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