Le régime cétogène ou régime kéto

Dans mes recherches afin de publier ce qui serait pour moi le meilleur régime alimentaire, je m’intéresse au fameux régime cétogène dont on entend parler depuis quelque temps. En anglais il s’intitule LCHF pour « Low Carb High Fat ». Il s’agit d’un régime fondé sur une absorption faible en glucides et un apport élevé de lipides. Peu de sucre et beaucoup de gras, encore faut-il définir sucre et gras!

Avant toute chose, lorsque l’on observe la base, nous voyons déjà quel argument opposer à ce régime: celui de l’équilibre. Pourtant, il me semble intéressant d’observer le fonctionnement d’un régime riche en lipides.

Comme son nom l’indique, le régime cétogène sollicite la production en grande quantité de corps cétoniques au sein de l’organisme. Les corps cétoniques sont des métabolites produits dans le foie à partir de la dégradation des lipides, et plus particulièrement des acides gras, lorsque l’organisme ne dispose plus de réserves suffisantes en glucides.

Deux vecteurs pour cela: des lipides abondants et des glucides faibles, situation d’un régime cétogène, ou une phase de jeûne qui mènera par nature à un niveau faible de sucres et donc à une consommation des graisses stockées. Autrement dit, si je veux stimuler mon métabolisme, je peux soit suivre un régime fort contraignant, soit jeûner de manière substantielle (24 heures et plus).

Le régime cétogène possède des vertus médicinales semblables au jeûne, notamment à propos de pathologies comme le diabète, l’épilepsie mais aussi Parkinson, Alzheimer… et certains cancers. Ce dernier point est remarquable: le fait d’apporter beaucoup de lipides et peu de glucides permettrait d’éviter la prolifération des cellules cancéreuses en les affamant. Ces dernières étant friandes de sucre, favorable à leur développement. À l’inverse les lipides et les corps cétoniques ont un effet inhibant sur ce processus de multiplication et de développement cellulaire malade.

Autant le jeûne me semble naturel, autant provoquer un processus par un excès de lipides me parait moins à propos. Choisis ton camp camarade.

De manière basique est considéré que, pour un adulte, environ 10 à 20 % de l’énergie doivent provenir des protéines, 30 à 35% des lipides et 40 à 55% des glucides. Le régime cétogène demande de couper les sucres afin de ne pas dépasser 50 grammes par jour pour un adulte! Et ce au profit d’un apport massif en lipides soit 70 à 90 % de l’apport énergétique total, avec un apport en protéines qui resterait autour de 15 à 20%. Ce n’est donc pas un mince arbitrage que vous demandez à votre corps dès lors, mais quelque chose qui en changera la chimie assurément.

De cela découle un caractère restrictif fort dans le choix des aliments, bien que ce régime soit satiétogène et non une pratique d’éviction. Principe auquel, comme toute comptabilité de calories, je ne voue aucune pérennité ni sérénité. À quoi bon s’ennuyer avec cela alors que la vie a tellement d’abondance à offrir à travers les choses bonnes et simples. Le jeûne intermittent n’étant à mes yeux pas éviction mais normalité, reflétant le fait que s’alimenter a un coût énergétique et que la nature ne nous a pas conçu pour manger perpétuellement. Ce qui, avouons-le, est aujourd’hui chose aisée.

En clair, manger se gagne et se savoure dans la joie. Se nourrir est une célébration et une offrande que nous faisons à notre être tout entier (corps ET esprit). Ce n’est pas poser son postérieur sur une chaise en PVC rouge, avec un plateau jaune du même matériel devant le nez et ingurgiter des ingrédients qui ont moins de liens avec la nature que votre derrière avec le siège. Ainsi, si notre époque de chasseur-cueilleur semble révolue, il convient de conserver la dignité de se préparer à manger. Ceci est inscrit dans notre code génétique, tout comme courir.

Dans le cas où l’objectif serait de maigrir, un régime aussi drastique fera assurément perdre du poids, tout en changeant la chimie de votre corps. Les régimes extrêmes et restrictifs se caractérisent souvent par un rebond ou « l’effet yo-yo ». Ils représentent finalement beaucoup d’effort et de sacrifices pour peu de résultat, voire une dégradation de l’état initial. Encore une fois, la solution se trouve probablement du côté de l’équilibre.

Le Dr François Jornayvaz, responsable de l’unité de diabétologie aux Hôpitaux Universitaires de Genève, auteur de plusieurs articles scientifiques sur le régime cétogène, rappelle: « des travaux ont montré que les diètes pauvres en sucres permettent de maigrir plus rapidement que les régimes pauvres en graisses. Mais sur le long terme, les courbes de poids se rejoignent ».

Encore faut-il prêter attention au type de graisses consommées et privilégier celles d’origine végétale plutôt qu’animale. Les fameuses bonnes graisses de l’avocat, des oléagineux, etc.

Comme le rappelle le Pr Luc Cynober à propos du régime cétogène: « L’homme est programmé pour des régimes équilibrés et omnivores. Inutile de vous dire que bourrer l’organisme de lipides en évinçant les glucides, ce n’est probablement pas bon pour la santé. »

Sans surprise, l’équilibre doit rester le maitre mot d’un régime quant à sa composition. Nous pouvons retenir du régime cétogène les bienfaits d’une réduction des glucides au profit des lipides. Il me semble pertinent de considérer que les sucres, qui plus est de qualité transformée, viennent entraver le bon fonctionnement de l’organisme en le sollicitant beaucoup par leur nature et en le polluant par leur caractère souvent dérivé. Double peine.

Ainsi remplacer une partie de cette alimentation par des lipides d’origine végétale semble sain et énergétiquement adapté.

Pour ceux qui souhaiteraient approfondir sur le régime cétogène, je vous invite à lire cet article de Nicolas Aubineau, diététicien nutritionniste du sport et en clinique, duquel je partage l’avis éclairé à propos du kéto.

Vous y trouverez l’essentiel et à mon sens le fond du problème: se couper des légumineuses, céréales, fruits frais, qui sont des glucides, nécessite des apports complémentaires en fibres, vitamines et antioxydants à côté. C’est-à-dire que vous faites un régime, pour ensuite le complémenter. Cela revient à marcher sur la tête.

Et c’est d’ailleurs ce que j’explique aux vendeurs de compléments alimentaires qui tentent inlassablement de m’enrôler sur Instagram. Ils peuvent être pratiques ponctuellement, mais ils n’arriveront jamais à la cheville du jardin.

Pour ma part, outre une pratique (trop) stricte, je retiendrai deux choses concernant le régime cétogène:

  • Réalisé de manière ponctuelle, il est intéressant notamment sur la régulation du poids pour les sportifs. Ne pas le pratiquer sur une saison complète puisqu’à tenir sur le long terme, il changera la chimie du corps et les performances. Attention donc.
  • Il permet de mener une réflexion salutaire sur la quantité et la qualité des glucides que nous absorbons. Le cas échéant les réduire, remplacée par des lipides de qualité, tout aussi nutritifs.

Rien ne remplacera une alimentation équilibrée, de qualité, raisonnablement consommée, dont chacun individuellement par son unicité possède le mode d’emploi.

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Diet testor
30 mai 2020 10 h 39 min

J’ai essayé le régime cetogene afin de lutter contre la migraine après la lecture du livre du docteur turknett qui en adoptant le régime paleo à vaincu ses crises. Si le paleo ne fonctionnait, pas il conseillait le keto/ceto. Du coup j’ai essayé. Aucun résultat sur la migraine par contre énorme baisse d’énergie et du système immunitaire et de la libido. Du coup retour au jeûne intermittent et paleo que je suis depuis 2014.

ISABELLE LUPO
1 juin 2020 13 h 48 min

Adepte de la warrior diet depuis presque 8 ans, je suis un peu dubitative sur ce régime… peut-être plus adapté pour les sportifs acharnés que dans la vie d’une secrétaire

Duhart
5 juin 2020 20 h 07 min

Intéressant