Sport à jeun: bonne ou mauvaise idée?

Une question souvent posée: le sport à jeun est-il une bonne ou mauvaise pratique? Comme tout problème intéressant, cela dépend sous quel angle nous l’observons. Pour ma part, la grande majorité des entraînements sont à jeun. S’il ne convient certainement pas à tout le monde, nous verrons que l’entraînement le ventre vide présente de sérieux avantages. Cependant, dans certaines conditions, nous serions avisés de ne pas partir les batteries faibles, ou encore prévoir de recharger en route.

Tout d’abord, comme nous l’avons vu dans l’article le régime du guerrier en substance, des athlètes renommés pratiquent le jeune intermittent. Cela sous-tend qu’ils s’entrainent régulièrement ou parfois, l’estomac vide. En ce qui me concerne, cela fait des années que j’observe une pratique sportive soutenue, à jeun, sur une base régulière pour ne pas dire quotidienne. Ce qui par ailleurs ne fût pas toujours le cas. Je me souviens d’un temps où il était inconcevable de partir à l’entraînement le ventre vide.

Nous connaissons les avantages naturels et puissants du jeûne. Nous entendons aussi, à raison, qu’il faut manger avant de faire du sport. Alors comment s’y retrouver? Le jeûne est-il compatible avec l’activité physique? Assurément il l’est puisque c’est un état, non seulement présent, mais fréquent dans la nature, que nous sommes capables de tenir, humains et animaux, pour justement nous alimenter.

Ceci étant dit, manger avant le sport permet une meilleure performance. Encore faudrait-il définir ce que nous entendons par manger. Mais de fait, un apport en sucre favorisera la performance intensive. La différence majeure entre le sport à jeun et nourrit est la source d’énergie. Sucres externes si alimenté, sucres internes puis des lipides (graisses) autrement dit les réserves de l’organisme, si à jeun.

Nous arrivons ainsi à la bonne question: quel est l’objectif derrière le sport à jeun?

Quels sont les avantages du sport à jeun?

Tout d’abord faire du sport à jeun permettra la perte de poids, mais pas plus vite qu’une pratique sportive associée à une bonne alimentation. Ce n’est pas une condition sine qua none pour « maigrir ».

En revanche, du côté du métabolisme, on constate un réveil de l’organisme, notamment au niveau hormonal. Lorsque vous jeunez, ce dernier ralentit, il se met en veille. Par ailleurs, aucune énergie n’est requise pour la digestion puisque vous êtes à jeun. L’organisme peut ainsi vivre sa vie et réaliser ses cycles tranquillement sans être dérangé par des éléments extérieurs. Nous évoquons notamment ici l’autophagie.

Désormais nettoyé, le corps est en excellente forme pour réaliser ce que bon vous semble. Pourquoi pas une séance de sport. Le corps ainsi se réveille et redevient la machine exceptionnelle qu’il est naturellement. Notre organisme dispose de sucre en réserve à hauteur d’environ 30 minutes d’activité physique intense. Ensuite vous puiserez dans d’autres ressources: les lipides (les graisses) et les protéines. Autrement dit, les muscles si vous n’avez pas consommé assez de protéines lors du dernier repas. Gare à l’épuisement.

Selon votre objectif, vous ajusterez ces variables: durée d’entraînement / intensité / niveau de protéines consommées lors du dernier repas. Il est aussi possible de s’alimenter légèrement avant le sport, après l’observation d’un jeune de 16h. Ceci nous parait, par expérience, une bonne pratique. Moins sujette à l’erreur de parcours dans l’activité à jeun. L’hypoglycémie par exemple.

Il faut aussi préciser que si le sport à jeun ne permet pas de maigrir plus vite face au sport avec une alimentation saine, il permet plus d’écart parce que le métabolisme est optimal. L’organisme réapprend à bien gérer les lipides en réduisant l’insuline (hormone du stockage) et en créant plus d’enzymes casseuses de graisse. Ainsi la phase d’alimentation donne lieu à une digestion très efficace. L’organisme redevient une unité performante qui tourne à plein régime lorsqu’il le faut, à brûler les calories. Le meilleur moyen de ne pas compter.

Vous savez par ailleurs que pendant l’effort, le muscle va consommer tout ou partie du glycogène qui lui est destiné. Si on ne le ravitaille pas en glucides et en protéines, il le fera lui-même en s’autodégradant. Il y a donc un double effet à noter: par le jeûne nous partons déjà avec des niveaux faibles. Ne pas alimenter ensuite décuple le phénomène et pourrait nuire à la récupération de l’organisme et entraîner de la fatigue.

Selon Nicolas Aubineau, diététicien et nutritionniste du sport : «le processus de reconstruction accélère pendant les trente minutes qui suivent l’effort, pour diminuer avec le temps. C’est en profitant de ce laps de temps que l’on récupère au mieux.» Encore une fois quel est l’objectif: si l’organisme a du gras, il commencera par puiser dedans. Attention toutefois, les graisses sont une source lente d’énergie, pas assez rapides pour être utilisées dans une phase intense d’exercice. Alors le corps se tourne vers les acides aminés. Il y a donc un équilibre à trouver, en s’assurant bien, le cas échéant, de consommer suffisamment de protéines dans la phase d’alimentation.

Les graisses résistantes seront également plus facilement ciblées par un organisme en mouvement, à jeun, qui a besoin de celles-ci pour s’alimenter naturellement et perpétuer l’effort. Associé cela à des oscillations verticales (des sauts comme la pratique de la corde à sauter) et vous favoriserez grandement la perte de graisse sur les zones compliquées.

Enfin, le plus grand avantage est, à mon sens, la liberté que cette pratique apporte. Le détachement psychologique quant à la faim et l’habitude alimentaire établie est un bonheur simple, et puissant.

Quels sont les dangers du sport à jeun?

Nous l’avons évoqué précédemment, un inconvénient majeur de cette pratique est la fatigue qui peut en découler. Pour cette raison votre objectif doit être clair. Fatigue et performance ne font pas bon ménage. Parfois cependant, par exemple pour diminuer la masse graisseuse, nous pouvons accepter ce genre d’épisode.

Le sport à jeun présente des risques sérieux, comme des situations d’hypoglycémie, et des épuisements délétères en cas d’auto-dégradation des muscles alors que le corps n’aurait plus assez d’acides aminés en réserve. Il convient d’apprendre à se connaitre avant de se lancer pleinement et avec confiance. Cela relève de la responsabilité et de la raison de chacun.

En résumé, le sport à jeun permet la gestion du métabolisme. Il doit être progressif, sous le contrôle de la bonne écoute de votre corps! Cette pratique demeure un outil puissant pour un effet stable et durable. Ne pas consommer assez de protéines est un écueil courant chez les adeptes d’intensité et les « néo Warrior ».

Notre intuition nous a dicté cette manière de s’entrainer le ventre vide. Par choix et par habitude, je décide d’aller plus loin dans mon entraînement. Je flirte avec les limites de l’endurance. Tout ceci a un coût. Taquiner les limites est une chose; aller trop loin est dangereux, parfois irréparable. Soyez conscient de votre pratique. Pour les efforts longs, d’endurance, ce n’est pas adapté. Pour autant, je suis régulièrement surpris de la capacité d’endurance d’un organisme performant.

In fine les études et avis de coach et spécialistes sont divers et parfois opposés. Le message de ce texte n’est pas la promotion du sport à jeun mais la prise de conscience de sa possibilité. La remise en cause de croyances selon lesquelles il convient nécessairement de manger avant de s’entrainer. Contrebalancer ce qui ressemble à une forme d’impuissance apprise alors que la combinaison du jeûne intermittent et de l’entraînement physique est de grand intérêt, notamment au niveau de la production de l’hormone de croissance, la testostérone, qui décuple au bout de 24 heures de jeûne.En sommes, le mode Warrior.

Le corps humain est une machine extraordinaire lorsqu’on en connaît le mode d’emploi. Son apprentissage, au titre de la connaissance de soi-même, est progressif. Il pourrait, comme il en fût le cas pour moi, venir de la pratique du régime du guerrier, qui associe le jeûne intermittent et un entraînement quotidien. Loin d’une recette miracle, il constitue un chemin exigeant, de volonté, et naturel à nos yeux. Si vous y êtes ouvert, il serait une bonne idée de l’observer, dans les bonnes conditions.

Pour conclure, une vidéo bien faite qui illustrera le sujet sport à jeun. Plutôt que de suivre une formation ou un plan établi, nous préférons toujours créer notre propre art alimentaire sur une base d’éléments naturels solides, à l’écoute des besoins et sensations de chacun.

 

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Marie-Jo
3 octobre 2020 20 h 02 min

Très bien la vidéo, bonnes explications pour tous.
Merci
MJ