Stoïcisme, mental et ego : le juste rôle

Le stoïcisme est une philosophie ancienne qui offre des perspectives simples sur la manière dont nous pouvons gérer notre ego et notre mental pour atteindre la tranquillité d’esprit et la sagesse. Voici comment ces concepts sont liés :

stoïcisme

Ego, mental et Stoïcisme :

Tout d’abord, le stoïcisme nous enseigne que l’ego, c’est-à-dire l’attachement à notre image de soi, est source de souffrance. Les stoïciens invitent à transcender l’ego en se concentrant sur ce qui est sous notre contrôle (nos actions et nos choix) plutôt que sur ce qui est hors de notre contrôle (l’opinion des autres) les circonstances extérieures. Ils encouragent la modestie et l’humilité. Ils reconnaissent que l’ego peut nous rendre vulnérables à la colère, à la vanité et à l’orgueil. En pratiquant la maîtrise de soi, le stoïcisme nous aide à réduire l’impact de notre ego sur nos émotions et nos décisions. Ainsi donc sur le monde qui nous entoure.

Le stoïcisme met l’accent sur la maîtrise de notre esprit. Les stoïciens insistent sur le fait que notre bien-être dépend de notre manière de penser et de réagir aux événements. Ils enseignent des techniques de contrôle de l’esprit, telles que la contemplation des choses qui sont sous notre contrôle (notre jugement, nos valeurs, nos choix) et celles qui ne le sont pas (les circonstances, les actions des autres). En apprenant à adopter une perspective plus rationnelle et équilibrée, nous pouvons mieux gérer nos émotions, surmonter les obstacles et prendre des décisions éclairées.

Le stoïcisme nous encourage à cultiver un mental résilient, capable de faire face aux défis et aux revers de la vie sans être submergé par les émotions négatives. Il nous apprend à éviter de se laisser emporter par les fluctuations de l’ego et à se concentrer sur ce qui est authentiquement important pour notre bien-être. En somme, le stoïcisme nous invite à développer une sagesse et une sérénité intérieure en harmonisant notre ego et notre mental avec la réalité telle qu’elle est, plutôt qu’avec nos désirs ou nos perceptions subjectives.

Ni bon ni mauvais : non-attachement

L’ego est essentiellement neutre et dépend de la manière dont il est géré. S’il est probablement utile pour fonctionner en société et trouver sa place, il est tout autant délétère lorsqu’il prend la place du Soi, de l’Être.

En psychologie, l’ego se réfère au sens de soi, à notre conscience de notre propre identité et à notre perception de nous-mêmes en tant qu’individus distincts. Distincts, uniques, et à la fois (et avant tout !) liés et parts du tout.

L’ego peut être bénéfique :

  • Un ego sain est lié à une estime de soi positive. Elle signifie que nous avons une image de nous-mêmes qui nous permet de croire en nos compétences et de maintenir une attitude positive envers la vie.
  • Un ego sain peut motiver les individus à atteindre leurs objectifs, à relever des défis et à persévérer dans l’accomplissement de leurs ambitions.
  • L’ego est ce qui nous permet de nous définir en tant qu’individus uniques avec des caractéristiques, des valeurs et des croyances propres.

Cependant à l’inverse :

  • Un ego mal géré peut conduire à l’égoïsme, où l’on ne se soucie que de ses propres besoins et désirs, au détriment des autres.
  • Un ego excessif peut conduire à l’arrogance et à la vanité, où l’on se considère supérieur aux autres et n’accorde pas d’importance à leurs points de vue.
  • Un ego fragile peut rendre une personne vulnérable aux critiques, à la déception et à l’anxiété, car elle attache trop d’importance à l’opinion des autres.

Le stoïcisme encourage à cultiver un ego modeste et à se concentrer sur ce qui est sous notre contrôle plutôt que sur des aspects externes comme l’opinion des autres. Cela permet de minimiser les aspects négatifs de l’ego et de favoriser un bien-être plus durable.

Un équilibre sain entre ego, estime et conscience est souhaitable pour un bien-être psychologique et des relations harmonieuses. Le stoïcisme tend à bâtir un système de pensées favorisant cet équilibre. Sorte d’entraînement mental qui nous ramène constamment au non-attachement et laisse être ce qui est, tel qu’il est : entre contrôle et lâcher-prise.

L’auto-sabotage

Cependant, l’équilibre est fragile. En effet, l’idée d’auto-sabotage par l’ego est un aspect important à considérer en relation avec le bien-être. L’auto-sabotage peut se produire lorsque notre ego, nos peurs ou nos croyances limitantes nous poussent à prendre des décisions ou à adopter des comportements qui vont à l’encontre de nos intérêts à long terme.

L’ego peut se retrouver en conflit avec nos objectifs et nos aspirations. Par exemple, un caractère fragile ou fortement influencé par les opinions des autres peut nous amener à éviter les risques ou à abandonner nos rêves par peur de l’échec ou du rejet. De plus, des croyances limitantes ancrées dans l’ego, comme « je ne suis pas assez bon » ou « je ne mérite pas le succès », peuvent nous pousser à prendre des décisions contraires à nos intérêts.

La gestion de l’auto-sabotage implique souvent de reconnaître ces schémas de pensée et de comportement destructeurs. Et de les remettre en question. Cela peut inclure la pratique de la conscience de soi pour identifier les moments où l’ego prend le dessus et nous conduit vers l’auto-sabotage. En cultivant une plus grande résilience mentale, une estime de soi positive et une confiance en nos capacités, nous pouvons réduire l’auto-sabotage et favoriser un bien-être plus durable.

La gestion de l’ego joue un rôle essentiel dans la prévention de ce comportement destructeur. La première étape est d’en avoir conscience. Trop de gens sont attachés à une image d’eux qui n’est pas ce qu’ils sont vraiment. Cela en soit est déjà destructeur, tout comportement déviant gardé. La notion d’alignement apparaît claire ici. Pour aller plus loin vous pouvez lire cet article.

La discipline

Nous savons au plus profond de nous ce qui est bon pour nous. Pour des raisons obscures, nous nous mentons à nous-même, racontons des histoires ou sciemment évitons de voir la réalité. Parfois même nous sombrons dans la facilité.

L’auto-sabotage n’est pas l’apanage de l’ego. Par exemple, lorsque nous savons que le cycle cellulaire humain est en moyenne de 16h pour demeurer en bonne santé (principe d’autophagie), pourquoi la plupart des individus mangent tout de même à l’intérieur de ces 16h, entravant ainsi leur propre métabolisme ?

Cette capacité à se tirer une balle dans le pied. L’ignorance a souvent bon dos. Est-ce parce que la discipline est devenue un acte coercitif face à la sainte croissance ? Celle de la consommation, assurément pas de l’élévation spirituelle.

Rappelons que la discipline est l’estime de soi. La discipline est votre allié le plus précieux. L’amour-propre n’est pas l’ego : l’amour-propre est le respect de soi. Le secret est dévoilé à nouveau, ainsi vive la discipline.

Pierre Dufraise dans son podcast sur l’antifragilité nous parle du couple auto-sabotage/discipline.

Le rôle du mental dans le stoïcisme

Ce n’est finalement pas l’ego qui est à blâmer. Nous l’avons vu, il n’est ni bon ni mauvais. Il est. C’est ce que nous faisons de cet ego qui est la problématique. Or, ceci est le rôle de la pensée. De la méditation personnelle. De la philosophie pragmatique et vertueuse.

Le rôle du mental en tant qu’outil maître des pensées est majeur. L’outil doit discipliner les pensées afin qu’elles restent claires. Afin que l’ego ne s’identifie pas au mental, prenant ainsi toute la place, faisant croire à l’homme qu’il est cette pensée analytique incessante. Qu’est-ce que les gens vont penser de moi ? Et si je me trompe ? Si je ne suis pas assez ceci ou cela ? Et si. Tant de questions qui nous empêche de voir la réalité telle qu’elle est en nous sortant de la présence.

Eckhart Tolle qualifie comme le plus grand mal, le fléau de l’humanité contemporaine, l’identification de l’homme à son mental. La prise de pouvoir de l’intellect sur le cœur et l’âme, eux-mêmes puissants centres d’intelligences liés à la conscience. Connectés, dirions-nous aujourd’hui.

Nous pouvons le constater au quotidien, à chaque instant, dans nos relations. L’ego dirige les vies et nous éloigne de la bienveillance qui est pourtant toujours le bon choix pour conduire une vie.

Connaître la nature pour connaître sa nature

Inexorablement, nous en revenons à la connaissance de soi-même. En effet, sans la reconnaissance de la nature comme entité homogène harmonieuse supérieure, n’existe que le « je sais tout ». Le contrôle. L’ego.

Une absence d’humilité qui signe l’incapacité de spiritualité. Un égocentrisme démontrant perpétuellement que l’homme sait tout et peut tout. Or, ce manque ne mène qu’à un état : la médiocrité. L’antipode de la grandeur. Vers l’inconscience par la déconnexion à la nature. Vers des fréquences basses.

Soit en dit en passant, le mauvais développement personnel stimule l’ego par l’individualisme. Le bon stimule le cœur pour relier, connecter.

Cet ego qui souvent nous éloigne de notre cœur. Obstacle à la sérénité lorsque non maitrisé, il est générateur de souffrance et empêcheur de congruence.

Choisir ce en quoi nous croyons en notre âme et conscience. S’assurer que nos choix soient éclairés. Il ne se peut sans connaissance. De soi, et de la nature qui nous façonne. Or, pour cette connaissance, il faut se tourner vers l’intérieur, vers le centre, vers le cœur… Ce centre de l’intuition qui nous relie à la conscience et montre le chemin.

Assurons-nous que notre muscle le plus développé demeure le cœur et tout ira pour le mieux. Dans le cœur l’ego n’est pas. Le cœur sait. Écouter le cœur équivaut à donner la primauté à la bienveillance. Demeurer fidèle à son cœur équivaut à vivre avec cohérence, mais ne signifie pas pour autant vivre dans l’émotion. Au même titre que le mental doit filtrer l’ego, il doit gérer le centre des émotions. Le stoïcisme comprend aussi bien l’un que l’autre.

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