De la confiance en soi

Sujet majeur du développement personnel : le pouvoir de la confiance en soi. La confiance en soi nous ancre dans un cercle vertueux, comme vicieux si elle est manquante. Elle donne du pouvoir et le pouvoir nourrit à son tour la confiance en soi. À l’inverse, elle limite l’action lorsque qu’elle est absente.

Avoir confiance en soi

Partons du bon pied en définissant ce que nous entendons par pouvoir. Le plus simple le mieux : le pouvoir est la capacité d’action. Avoir la possibilité de faire quelque chose. Or avoir la possibilité d’agir confère par essence de la confiance puisque cela permet de mener son chemin, de réagir et s’adapter aux situations. Il s’agit donc de précisément connaître son pouvoir pour nourrir la confiance en soi.

Nous avons vu ensemble que la réussite et l’accomplissement sont liés à l’estime et à la confiance en soi. Pour une bonne compréhension de la suite de l’article nous rappelons que nous définissions l’estime de soi comme la reconnaissance de sa propre valeur tandis que la confiance en soi comme la reconnaissance de ses propres compétences.

Or cette reconnaissance n’est ni une question de chance ni une question de talent, mais une question de croyance !

Nos croyances

Observons tout d’abord le travail de la Pr. Jo Boaler à propos des mathématiques. Chaque été, elle organise un camp de mathématiques à l’occasion duquel elle accueille des élèves convaincus qu’ils ne sont pas bons en maths. Son objectif est bien entendu de leur prouver qu’ils ont tort, et que n’importe qui peut être bon dans cette discipline !

Le séjour commence par un exposé des recherches sur les neurosciences et en particulier la neuroplasticité. La capacité de notre cerveau à se modifier lors des processus d’apprentissages.

Jo Boaler leur raconte l’histoire de Cameron Mott. Une jeune fille de 9 ans à qui on a enlevé la moitié du cerveau en raison d’une maladie neurodégénérative. Cameron est sortie de l’hôpital seulement trois semaines après et retournée progressivement à l’école. Elle développa plus tard un appétit pour l’apprentissage, et notamment pour les mathématiques.

Bercés par cette histoire, les élèves ont ensuite pour objectif de résoudre des exercices de mathématiques. À la fin du séjour les résultats progressent en moyenne de 50% ! À quoi est due cette amélioration ? Certes l’entraînement, mais pas que.

Les élèves gardent cette histoire en tête lorsqu’ils tentent de résoudre un problème : « Si cette fille avec la moitié d’un cerveau peut le faire, je peux le faire aussi ! ». Cette étude démontre à quel point nos croyances dictent nos résultats.

D’abord, on se compare aux autres. Si il ou elle l’a fait, je le peux aussi. Bien, (très bien même) mais pas génial, dans le sens où l’on imite et non ne crée. L’idée est de parvenir à ce réflexe mental : si je l’ai au fond de moi, si je le sens de tout mon être lucide, alors je le peux.

Or il suffit parfois de peu pour faire sauter une certitude nourrie pendant des années. À quoi ressemblerait notre vie si rien ne nous retenait ? Si nous avions pleinement confiance en nous et aucune crainte d’être jugé ?

De la souffrance nait de savoir au fond de soi des capacités (estime de soi, reconnaître sa valeur) mais de ne pas les exploiter ni même pouvoir commencer (confiance en soi). Il est légitime de souhaiter entériner la confiance en soi. Plus que de le souhaiter, il faudra le décider fermement. Décider que les choses changent. Passer à l’action en adéquation avec cette valeur que nous savons en nous.

Comment nourrir la confiance en soi ?

En observant les croyances que nous nourrissons afin de faire sauter celles qui seraient limitantes. En se plaçant tout d’abord comme observateur (technique utiliser pour la médiation pleine conscience et la connaissance honnête et lucide de soi-même). Et enfin en remplaçant les croyances limitantes par des croyances (nous entendons ici des affirmations sensées) de capacité.

Tel est le pouvoir des croyances. Pour qu’il soit fort, elles doivent reposer sur un socle de vérité personnelle, d’intuition profonde.

« Si mon esprit peut le concevoir et mon cœur peut y croire, alors je peux le faire » – M. Ali

Changer ses croyances pour se reprogrammer

Cela signifie qu’il faut se faire ses propres croyances selon sa propre expérience. La confiance en soi est directement liée à celle-ci.

Les croyances sont une influence majeure sur la vie qu’on se crée. Et c’est en changeant ses propres croyances que l’on change sa vie.

Pouvez-vous imaginer à quoi ressemblerait votre vie si vous nourrissiez des croyances différentes, voire opposées ? Quels seraient vos projets, les gens qui vous entoureraient si vous vous autorisiez à croire que même les aspirations les plus folles étaient réalisables ?

Par exemple en finir avec la croyance qu’être trop gentil(le) empêcherait de réussir ou de s’imposer. Ou encore qu’on doit avoir un bon job pour considérer qu’on « a du succès ». Comment le succès se mesure-t-il ? En argent ? En matériel ? Vraiment ? Et gagner de l’argent, est-ce vraiment difficile ? Est-ce que beaucoup d’argent fait une mauvaise personne ?

La croyance que vous faites toujours moins bien que les autres ou que ce que vous voulez atteindre est de la prétention. Que vous n’êtes pas suffisamment intéressant(e), pertinent(e) et légitime pour vous exprimer. Qu’il est trop tard pour changer de voie. Que faire confiance à une personne, s’investir dans une relation amicale, amoureuse, signifie toujours souffrance et trahison par la suite ?

Avec un état d’esprit différent, la vie serait différente. Une vie de dingue est une vie alignée avec vos ambitions. Et plus précisément en vérité avec soi-même, c’est-à-dire une cohérence entre ce que nous sommes profondément, ce que nous pensons et ce que nous faisons. Soyez vous-même et soyez positif. Fier d’être soi-même.

S’extraire de l’impuissance apprise pour se libérer

Nous avons tous adopté des croyances limitantes, autrement dit appris l’impuissance. C’est l’histoire de l’éléphanteau qui alors qu’il est jeune est attaché par une simple cordelette. Adulte, il demeurera attaché par cette même corde alors qu’elle ne pourrait aucunement contenir sa propre puissance. L’habitude a crée la croyance de jamais ne pouvoir briser ce lien et gambader à souhait.

L’habitude de ne pas remettre en cause les choses est le cœur de l’impuissance apprise. Or la remise en cause va permettre le recul nécessaire à l’évolution des croyances. Ce qu’Idriss Aberkane décrit dans son livre : libérez votre cerveau.

Une évolution qui va à son tour modifier la confiance en soi, acquérir d’autres certitudes en lien avec ce nouveau recul et ce que je suis vraiment. Des fondements plus solides et donc un développement ancré et puissant. Un chemin antifragile en somme.

Reprendre la confiance pour essayer. Se tromper et se relever droit. Telle est la force de l’essai erreur. Permettre de se connaître suffisamment soi-même pour savoir ce que nous avons envie d’affronter.

La pratique précède la théorie

Lorsque nous sommes dans l’action, dans la pratique, cela revient à faire constamment des choix. Décider avec bon sens, au maximum. Autrement dit, décider de nos actions en lien avec une réalité pratico-pratique. Cette optionalité nous rend antifragile en stimulant notre adaptabilité tout en nous renforçant. Ainsi donc augmente la confiance en soi et dans son chemin de vie, renforçant alors la bonne estime de soi menant vers un alignement des pensées et des actes. La confiance en soi renforce l’action et de l’action née la confiance en soi.

La confiance en soi est le fuel de l’action. L’estime de soi est le sens de l’action. Il faut cultiver les deux pour marcher son chemin de vie. Pratiquer l’empirisme, chérir l’action et non la théorie. Car la pratique précède la théorie et non l’inverse. Souvenons-nous toujours d’écouter notre intuition profonde. Cette intuition qui flirte avec la réalité plutôt que les théories issues de l’imagination d’un « intellectuel » dans un bureau duquel il n’est peut-être jamais sorti.

L’empirisme contribuerait-il à construire la confiance en soi ? La capacité d’être sa propre expérience. De mesurer les conséquences de ses actes, d’avoir le « skin in the game ». Il n’y a qu’en essayant les choses que nous pouvons les comprendre et savoir notre chemin. Je pense que plus nous sommes sur notre chemin plus notre confiance grandit. À l’inverse plus nous nous en éloignons, plus elle devient fragile.

Rappelons-nous toujours, face à quelconques idées reçues, inculquées, manipulées, de l’expression de Yogi Berra: « En théorie il n’y a aucune différence entre la théorie et la pratique. Dans la pratique, il y en a une« .

Avons-nous besoin de connaître les formules chimiques des gaz qui brulent dans le feu pour l’allumer et nous chauffer ? Comme le dit Nassim Nicolas Taleb, personne ne se préoccupe de savoir si un enfant connait les divers théorèmes de l’aérodynamique et s’il est capable de résoudre une équation sur le mouvement pour lui apprendre à monter à bicyclette.

La pratique prévaut toujours. L’essai. L’erreur. Se relever, essayer autre chose. Continuer. Voici l’invitation à l’action (pour ne pas dire le devoir naturel de se réaliser) et par la même le secret de la confiance en soi. Moins de temps à l’analyse et la théorie, plus de temps à la pratique et l’action, nous ancre dans le présent et donne la fraîcheur nécessaire au recul quand il convient de penser profondément (et intelligemment) les résultats de ses actions.

Conclusion : prendre confiance en soi

La confiance en soi est relative à nos croyances. Changer les croyances modifie la perception de soi. Adopter des croyances positives, tournées vers le potentiel et non l’incapacité ni toute idée limitante. Cette tournure mentale projettera l’esprit vers le potentiel, mais le chemin ne s’arrête pas là. Il convient ensuite de passer à l’action. Essayer, ajuster, valider, vérifier, pour entériner la confiance en soi dans le réel de la vie.

C’est la combinaison de l’action réelle et de la pensée positive qui forge la confiance en soi et lui confère son pouvoir. Plus on sait ce qu’on est et ce qu’on vaut, moins les choses ont le pouvoir de nous blesser.

Et nous le répétons une dernière fois, il convient de mettre l’accent sur l’expérience, l’action concrète afin de ne pas décorréler les croyances de toute réalisation possible. Ainsi, est-ce que ce bon vieux connais-toi toi-même ne serait pas, une nouvelle fois, majeur au développement personnel ?

Mieux se connaître, le secret d’une bonne image de soi et de tout ce qui s’en suit.

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